
L'association Trans Europ Express (TEE)


TEE Rheingold en livrée bleu et crème et tracté par une Re 4/4 I verte, avec la cocarde TEE.
Photographie prise en gare de Lausanne
...Entre 1957 et 1983, 70 lignes TEE ont été exploitées. Sur ces 70 lignes, 36 étaient internationales (dont 12 exploitant en partie le réseau CFF)...
Au début des années cinquante, les grands trains express européens présentent une image dégradée, du fait des destructions de matériel et du vieillissement de celui-ci.
Vestiges de luxe ferroviaire, les voitures Pullman datent des années 1920. Les machines à vapeur, les trains aux longs arrêts frontaliers commencent à dater face à l'essor de l'automobile et de l'aviation qui représentent le modernisme. De nouveaux trains de jour rapides et confortables, reliant les pays d'Europe apparaissent.
Les grands principes du réseau TEE voient le jour à l'aune des années 1950, alors que l'inauguration a lieu en 1957. L'association TEE est une coentreprise de plusieurs compagnies de chemins de fer nationaux. Initialement (et par ordre alphabétique) les CFF, CFL, DB, FS, NS, SNCB et SNCF en sont les fondateurs, suivis quelques années plus tard par les ÖBB et RENFE. Très vite, ces trains connaissent un grand succès, ce qui permet d'offrir une alternative entre le train et l'avion, alors en pleine croissance.
Entre 1957 et 1983, 70 lignes TEE ont été exploitées. Sur ces 70 lignes, 36 étaient internationales (dont 12 exploitant en partie le réseau CFF) et 34 nationales (Allemagne 14, France 12 et Italie 8).
Dans un premier temps, du fait que toutes les lignes ne sont pas encore électrifiées, mais également du fait des différents systèmes de tension sur le réseau ferroviaire européen, les TEE sont composés de matériels automoteurs diesel, généralement aptes à la vitesse de pointe de 140 km/h, et disposant pour certains de la climatisation (rames VT611 de la DB et RAm TEE I des CFF et NS).
Sur les lignes électrifiées avec un système de tension uniforme, les liaisons TEE sont assurées avec des voitures tractées. Ce système est également utilisé sur certaines lignes, dont les changements de locomotives ne sont pas fréquents ou doivent de toute façon s'effectuer (eg. gares en cul-de-sac).
À partir de 1961, certains de ces trains sont assurés par des rames automotrices quadri courant de conception Suisse, les fameuses RAe TEE II. Dès 1964, la SNCB et la SNCF mettent également en service des locomotives électriques polytension, notamment les fameuses CC 40100 (quadri courant) et BB 30000 (tricourant), issues de la série BB 25100 (bicourant).
A la base, le TEE n'aurait pas seulement dû être une coentreprise des différentes compagnies ferroviaires nationales, mais une seule et même compagnie à direction internationale qui aurait bénéficié du même personnel, matériel et administration pour tous les pays.
Dans les faits, la gestion du matériel est restée très nationale, chaque pays présentant le meilleur de sa technique. La DB a ainsi proposé, dès l'origine, un très bon matériel automoteur, tandis que la SNCF a lancé, peu après, les plus rapides et plus prestigieux trains du réseau, suivie par l'Italie et la Suisse.
Le réseau TEE atteint son apogée en 1972, avec la desserte de près de 200 villes du continent européen, mais le choc pétrolier de 1973 incita rapidement les chemins de fer à réaliser des économies, par la suppression ou la banalisation des services les moins rentables. Le deuxième choc pétrolier, en 1979, porta un nouveau coup au réseau : seuls les trains les plus fréquentés demeurèrent en service. Toutefois, il n'y avait pas d'intention, alors, de mettre fin à l'existence même des TEE. Ainsi un dernier TEE est créé, le Jules Verne, Paris-Nantes, au service d'hiver 1980/81.
Toutefois, la concurrence aérienne, pour les plus longs trajets et la baisse du prix des billets provoquent une hémorragie de la clientèle fidèle aux TEE. Le déclin s'accentue inexorablement dans les années 1980 à 1983.
Au fil des années 1980, le réseau TEE est fortement réduit. Les TEE sont progressivement remplacés par des InterCités (IC) et ouverts à la deuxième classe. À partir du service d'été du 31 mai 1987, ceux de ces IC qui ont un parcours international sont convertis en EuroCity (EC). Le 31 mai 1987 marque donc la fin des TEE après trente années d'existence. Néanmoins, à partir de 1993, et jusqu'au remplacement définitif des trains classiques par des TGV sur les parcours Paris-Bruxelles, le nom TEE fut réutilisé brièvement sur ces relations en remplacement du label EC, mais avec maintien de la deuxième classe dans les trains concernés. Cette initiative permettait en fait un passage de relais symbolique entre le TEE et les TGV et Thalys.
En suisse, 12 lignes TEE internationales ont été exploitées entre 1957 et 1987. En termes de matériel roulant, les CFF ont mis à disposition deux types de rames automotrices. Les rames diesel Hollando-Helvétiques de 1957 RAm TEE I et les révolutionnaires rames électriques quadri courant RAe TEE II.
Pour les compositions tractées, les locomotives Re 4/4 I et Re 4/4 II ont systématiquement été utilisées. Douze de ces locomotives (4 Re 4/4 I et 8 Re 4/4 II) ont reçu la livrée beige-rouge des TEE.
Plusieurs voitures ont également été commandées par les CFF, relevons parmi ces dernières, les voitures A8tu de Type Mistral 69 et une voiture restaurant WRm RIC.


CC 40109 quadricourant (à gauche) et BB 25124 bicourant (à droite)

TEE Arbalète
Paris – Troyes – Belfort – Mulhouse – Bâle – Zurich
1957 - 1979
Cette ligne a été en service du 02.06.1957 au 26.05.1979. Initialement et jusqu'en 1964 elle a été exploitée par des rames diesel RGP1 X 2770 de la SNCF, puis avec des voitures Mistral 69 de la SNCF. En Suisse, ces voitures furent tractées par des Re 4/4 II aux couleurs TEE.


Rame TEE X 2770 de la SNCF photographiée à Paris, en 1960
TEE Bavaria
Munich – Kempten i.A. – Lindau – Bregenz - St. Margrethen – St. Gall – Winterthur – Zurich
1969 - 1977
Cette ligne a été en service du 28.09.1969 au 21.05.1977.
De 1969 à 1971, elle a été exploitée par des rames RAm TEE I. Le 09.02.1971, le TEE Bavaria est victime d'un grave accident à Aitrang, près de Kempten im Allgäu. Suite à cet accident, la rame sera ferraillée et le service sera assuré par des voitures TEE de la DB tractées par des locomotives diesel V164 en Allemagne et des Re 4/4 II en Suisse.
En 1977 cette ligne a été reclassée en D-Zug, puis en InterCity (1984–1987) et en EuroCity (1987–2002).


TEE Bavaria, à la gare de Zürich, en juin 1964
TEE Catalan Talgo
Barcelone – Montpelier – Nîmes – Avignon – Lyon – Grenoble – Genève
1969 - 1982
Cette ligne a été exploitée du 01.06.1969 au 22.05.1982.
Elle a remplacé, à l'été 1969, Le Catalan qui reliait Genève à Port-Bou via Grenoble et était exploité par des rames diesel RGP1 X 2770 de la SNCF.
Les voitures Talgo avaient la particularité de pouvoir circuler sur l'écartement large espagnol et l'écartement normal (France et Suisse).
Cette ligne a été déclassée en EuroCity en 1982 avant de cesser définitivement de circuler le 18 décembre 2010.


Rame du TEE Catalan Talgo à Genève, le 14 juillet 1971

Rame du TEE Catalan Talgo à Genève en 1980
TEE Cisalpin
Paris – Lausanne – Milan (– Venise)
1961 - 1984
Cette ligne a été en service du 01.07.1961 au 21.01.1984. Entre 19 61 et 1974, elle a été exploitée par des rames RAe TEE II des CFF, puis par des rames tractées de type Mistral 1969. Ce changement fut demandé par la SNCF qui se plaignait du manque de souplesse des rames RAe TEE II.
Le 22 janvier 1984, Avec la mise en place de la liaison TGV entre Paris et Lausanne, le TEE Cisalpin fut déclassé.


TEE Cisalpin à Brigue, en 1970
TEE Edelweiss
Amsterdam – Anvers – Bruxelles – Luxembourg – Strasbourg – Bâle – Zurich
1957 - 1979
Cette ligne a été en service du 02.06.1957 au 26.05.1979.
Entre 1957 et 1974, elle a été exploitée par des rames RAm TEE I des CFF ou des NS, puis par des rames RAe TEE II des CFF. Ce changement fut nécessaire de par la vétusté des rames RAm TEE I.


TEE Edelweiss, à la Gare de Strasbourg, le 22 mai 1973
TEE Gottardo & Ticino
Zurich – Milan
1961 -1982
Cette ligne a été en service du 01.07.1961 au 25.09.1982 (Ticino) et 30.05.1987 (Gotthardo).
Elle a toujours été exploitée par des rames RAe TEE II des CFF.
Le 24 septembre 1988, le Gottardo perdit son label TEE et fut remplacé dès le lendemain par une RABe EC (RAe TEE II revalorisée), comprenant des places assises de 1e et 2e classe ; c'était désormais l'EuroCity Gottardo.
Au 29 mai 1995, il fut reclassifié en InterCity, et dès lors composé de voitures tractées.


Rame de type RAe TEE II photographiée à Lugano, le 14 septembre 1975
TEE Helvetia
Zurich – Francfort-sur-le-Main – Hambourg
1957 - 1979
Cette ligne a été exploitée du 02.06.1957 au 26.05.1979.
Après une courte période d'exploitation avec des rames diesel VT 08 de la DB, les nouvelles rames automotrices à turbines à gaz VT 11.5 furent utilisées. Parfois, ces rames étaient combinées ou remplacées par des VT 08.
Dès la fin de l'électrification de la ligne en 1965, cette ligne a été assurée par des rames tractées par des locomotives électriques (DB E103 / CFF Re 4/4 II).


Rames DB de type VT 08 (en haut) et de type VT 11.5 (en bas)

TEE Iris
Zurich – Bâle – Strasbourg – Luxembourg – Bruxelles
1974 - 1981
Cette ligne a été exploitée du 26.05.1974 au 30.05.1981.
Durant toute sa période d'exploitation des rames CFF RAe TEE II ont été utilisées.


TEE Iris à Bâle en 1982
TEE Lemano
Milan – Genève
1958 - 1982
Cette ligne a été exploitée du 01.06.1958 au 22.05.1982.
Jusqu'en 1971, des rame automotrice diesel des FS de type ALn 442-448 ont assuré le service.
Par la suite, cette liaisons fut exploitée par des voitures TEE des FS, tractées par des Re 4/4 II en Suisse et des E444 en Italie.
Le 23 mai 1982, le TEE Lemano fut reclassé en InterCity.


TEE Lemano :
A Lausanne avec une automotrice FS de type ALn 448, en août 1966

Brig, 1980

Genève, 1980

Nyon, 07.07.1975

Lausanne, 1982
TEE Rheingold I
Amsterdam à Genève, Zurich, Coire ou Milan, via Duisburg, Mainz et Mannheim
1965 - 1987
Le Rheingold relia Amsterdam à Bâle dès 1928. Durant la seconde guerre mondiale, cette liaison fut abandonnée. Quelque vingt ans plus tard, une seconde chance s’offrit au Rheingold sous les couleurs TEE, entre le 30.05.1965 et le 30.05.1987.
Le matériel roulant se composait de voitures DB, dont les fameuses voitures panoramiques.
Ces compositions furent tractées, sur sol Suisse, par des Re 4/4 I.


TEE Rheingold en gare de Lausanne. Cette composition, tractée par une Re 4/4 I se compose de quatre voitures de la DB, dont une voiture restaurant et une des fameuses voitures panoramiques

Lausanne, 1970

Basel, 28.08.1971

Bern, 04.10.1965

Basel, 1966
TEE Roland
Brême – Frankfurt/M. – Bâle – Milan
1965 - 1987
Cette ligne a été exploitée du 30.05.1965 au 30.05.1987.
Le matériel roulant se composait de voitures DB, tractées, sur sol Suisse, par des Re 4/4 II.


TEE Roland à Liestal, photographié le 13 juin 1976
Véhicules relatifs aux rames automotrices des CFF et des compagnies étrangères dédiées aux services TEE en Suisse
Les automotrices et rames automotrices de 3ème génération

La RBe 4/4 1412, flambant neuve, tractant un trian de 15 voitures pouvant transporter près de 1000 passager.
Ce type de composition fut la norme durant l'exposition nationale suisse de 1964 (Expo 64) qui s'est déroulée à Lausanne du 30 avril au 25 octobre 1964.
Lausanne, le 12 juin 1964.
...Comme ce fut le cas à la fin des années trente, c'est encore une fois les automotrices qui seront le moteur de cette évolution...
A l'aune des années soixante, l'industrie helvétique est toujours à la pointe en termes de traction électrique. L'Ae 6/6 de 1954 en est l'une des preuves. Cela peut s'expliquer (en comparaison avec ses pays voisins industrialisés) par le fait que la Suisse a été préservée durant les deux précédentes guerres mondiales et que son industrie a pu se permettre d'investir dans le développement, alors que ses voisins ont dû avant tout se concentrer sur la reconstruction.
Cela étant, à l'heure ou l'aéronautique est l'apanage des Etats unis d'Amérique, en France et en Allemagne les progrès techniques ferroviaires sont l'image de la puissance industrielle retrouvée. Dès lors, malgré que dans ces pays la traction vapeur est encore omniprésente, d'énormes avancées technologiques sont faites dans la traction thermique, mais également dans la traction électrique.
Mais malgré son avance, le réseau ferroviaire Suisse utilise encore (et en nombre) les locomotives à vapeur (largement plus vétustes que celles de leurs voisins). Les locomotives électriques modernes (Re 4/4 I, Ae 6/6, Ae 4/4 du BLS) ne sont qu'exceptions dans le paysage ferroviaire et les grandes lignes sont encore principalement assurées par des véhicules mis en service dans les années vingt (Ae 3/5, Ae 3/6 et Ae 4/7).
Constat effarant : au début des trente glorieuses, avec une prospérité sans précédent et des besoins en transport de plus en plus marqués, le rail suisse est à la traine !
Là encore, une explication peut justifier ce fait. L'industrie ferroviaire helvétique ne travaille pratiquement que pour les entreprises de transport Suisse. Sans nouvelles commandes, peu de nouvelles évolutions. Et les commandes tardent à venir, faute notamment à des finances plombées par les investissements massifs effectués dans l'électrification des lignes. Mais le retard en investissement dans le matériel roulant a été tel durant les 15 années qui ont suivi la fin de la seconde guerre mondiale, que les années soixante vont être le théâtre d'avancées phénoménales.
Comme ce fut le cas à la fin des années trente, c'est encore une fois les automotrices qui seront le moteur de cette évolution. Relevons parmi elles les rames quadri courant TEE, fleurons de l'industrie ferroviaire suisse au début des années soixante, mais surtout les RBe 4/4, dont une large place leur est consacrée dans le présent chapitre. Ces automotrices mal aimées au début de leur exploitation, car utilisées à des tâches largement plus délicates que celles pour lesquelles elles ont été construites seront, avec les Ae 6/6 et les Re 4/4 II le renouveau de la modernité des CFF.
Véhicules composant les automotrices et rames automotrices de 3ème génération
Les grandes séries de locomotives de type Re

Re 4/4 II issue de la première sous-série, en livrée Swiss Express, tractant un train intercity, le 16 septembre 1975 au départ de Saint Gall. Elle est équipée d'attelages automatiques.
…Les Re 4/4 I sont limitées en termes de puissance. Les Ae 6/6 sont très puissantes, mais limitées en ternes de vitesse…
Comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, durant les années cinquante, les CFF ont pris passablement de retard dans le remplacement de leur matériel de traction. Les premières Re 4/4 mise en service dès la fin des années quarante font du bon travail, mais sont limitées en termes de puissance. Les Ae 6/6 sont très puissantes, mais limitées en ternes de vitesse de pointe sur les grands axes de plaine. Les motrices des années vingt sont encore omniprésentes sur le réseau CFF. Il devient dès lors primordial de commander une nouvelle série de locomotives de ligne universelles.
Ces locomotives seront les Re 4/4 II. Avec 297 unités (Re 4/4 II et Re 4/4 III confondues), cette série est la plus grande série de locomotives des CFF. Ces locomotives vont marquer à tout jamais le paysage ferroviaire suisse. Elles poserons également les base de la future Re 6/6 qui, avec ses 10600 CV fut la plus puissante locomotive au monde en une seule caisse. La dernière série de Re 4/4 II fut effectuée en 1982, après la mise en service des prototypes Re 4/4 IV.
Véhicules composant les grandes séries de locomotives de type Re
Les voitures unifiées de type III

Voiture restaurant de type unifié III, photographiée en mai 1973
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Les voitures unifiées de type III
1972 - 1975
Les voitures internationales et wagons-lits de type UIC-X, UIC-Mistral 69, MU, U et T2S

Wagons-lits de type RIC-U (en premier plan), RIC-MU (en second plan) et de type T2S (en dernier plan). Bâle le 11 juin 1997
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Les voitures internationales et wagons-lits de type UIC-X, UIC-Mistral 69, MU, U et T2S
1963 - 1977
Les locomotives électriques de manœuvre et de triage de seconde génération

Eem 17002 photographiée à Genève, en 1970.
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